La vision du Front de la Liberté ne doit apparemment pas être très éloignée de celle du CPL. On est entrain de rentrer en plein dans le sujet là. Ce même sujet pour lequel beaucoup de groupes du "14 Mars" auto-proclamé (aujourd'hui réunis autour de la table de dialogue) ont critiqué le CPL.
On pourrait penser que ces gens sont mal à l'aise... mais non, pas du tout! Certains continuent leur délire!
Bref, voici la vision du Front de la Liberté que j'ai trouvé intéressante, en attendant celle publique du CPL:
Une solution aux armes du Hezbollah : La création une garde nationale libanaise
Libnanews
05-11-2008
Par Dr. Fouad Abou Nader
Coordinateur du Front de la Liberté
Pour que nous nous entendions, dans le cadre large d’une restructuration des forces armées (Armée et Forces de sécurité intérieure, F.S.I.), sur une stratégie de défense intégrant la Résistance islamique et sur une politique de sécurité intérieure qui permettrait de lutter contre le terrorisme et d’éviter tout retour à l’autoprotection, il nous faut d’abord répondre à une question : quel Liban voulons-nous ?
Le Front de la Liberté appuie l’Etat fort basé sur le régionalisme et la neutralité :
1) L’établissement du régionalisme maintiendrait l’unité et l’indivisibilité de l’Etat tout en reconnaissant la pluralité culturelle de la nation libanaise par l’octroi aux régions et aux communautés, familles spirituelles et intellectuelles partenaires fondateurs de l’Etat, une autonomie administrative, politique, culturelle et intellectuelle. C’est le principe de la double autonomie : celle de l’Etat et celle des communautés et des régions. Le régionalisme implique une démocratie de proximité ; une citoyenneté engagée, responsable et comptable ; et, une société civile participative.
2) L’affirmation de la neutralité du Liban placerait celui-ci aux côtés des arabes lorsqu’ils s’entendent et sur la touche quand ils se disputent. Sa neutralité serait positive (c’est-à-dire que tout en gardant un esprit civilisateur d’ouverture au monde, le Liban s’assurerait une protection contre les vents et les tempêtes soufflant du dehors) et permanente avec une garantie internationale.
De cette réflexion globale, le Front de la Liberté a dégagé sa proposition officielle.
Tout d’abord, il existe trois principes indiscutables :
1. Le principe de l’unité de la Défense et de la conception stratégique qui doit être coiffée par l'autorité politique (le
président de la République commande aux armées d'après la Constitution) et militaire (commandement de l'armée et des FSI).
2. La Défense est une affaire de stratégie. Elle doit être faite par les militaires et acceptée politiquement par le
président de la République et le Parlement, notamment la commission parlementaire en charge de la Défense. Ensuite, elle doit être mise en pratique.
3. La Défense de l'unité du territoire (conformément à la Constitution). Il ne doit pas y avoir de Défense sectorielle. Principes de la fonctionnalité, de la responsabilité et de la répartition.
Ensuite, le Liban se doit de respecter trois critères :
1. Le respect des engagements du Liban: l’armistice de 1949 et la résolution 1701.
2. En raison de l'occupation par Israël des hameaux de Chebaa, des collines de Kfarchouba et d’une partie du village de Ghajar, de la
présence palestinienne armée à l'extérieur et à l'intérieur des camps, de la question des frontières avec la Syrie et des incursions de cette dernière dans certains villages et de l'existence d'îlots et de poches d'insécurité échappant au contrôle de l'État et de ses forces armées, le Front de la Liberté propose la création d'une garde nationale, institution civile organisée (recrutement, financement, etc.) au niveau des régions, c’est-à-dire par les Conseils régionaux élus, dans le cadre du régionalisme. Cette garde nationale qui couvrirait le territoire national serait subordonnée dans sa conception et sa stratégie au ministère de la Défense pour les missions militaires avec l’armée : en cas d’agression étrangère, la garde nationale servirait de corps réserviste ; au ministère de l’Intérieur pour les missions de sécurité intérieure avec les Forces de sécurité intérieure (F.S.I.) : dans des opérations de maintien de l’ordre, la garde nationale servirait de police de proximité ; et plus largement, au
président de la République, au gouvernement. Les dépôts d'armes de cette garde nationale doivent être sous le contrôle exclusif de l'armée et des FSI, par exemple dans les casernes de celles-ci.
3. Le 7 juin 1950 fut conclu un Traité de Défense commune et de Coopération économique entre les États de la Ligue Arabe. Ce traité adhère au principe de neutralité tel que
présenté plus haut : le Liban se mettrait aux côtés des arabes lorsqu’ils s’entendent.
Le Front de la Liberté appuie donc la création d’une garde nationale car celle-ci entre dans le cadre de la nouvelle formule politique qu’il appelle de ses vœux et parce que celle-ci répond aux trois principes indiscutables et aux trois critères que le Liban doit respecter.
Par Dr. Fouad Abou Nader
Coordinateur du Front de la Liberté