Liban/législatives: important plan de sécurité pour éviter tout dérapage
BEYROUTH -
Le Liban a mis au point un important plan de sécurité sur le plan national impliquant 50.000 soldats et policiers en prévision des législatives du 7 juin, a affirmé le ministre de l'Intérieur Ziad Baroud dans une interview dimanche à l'AFP.
"Nous allons déployer 30.000 soldats et policiers autour des bureaux de vote et des régions avoisinantes et 20.000 ailleurs à travers tout le pays", a indiqué le ministre, un indépendant au sein du gouvernement d'union nationale.
Le plan établi par les autorités "tient compte des éléments de risque dans chacune des (26) circonscriptions", a-t-il poursuivi.
"Il y a des risques banals, d'autres plus graves et d'autres encore alarmants et c'est en fonction du degré de risque que se fera le déploiement des troupes", a-t-il affirmé, en référence à d'éventuels heurts entre partisans de la majorité antisyrienne et ceux de la minorité menée par le Hezbollah.
Il a indiqué que le
risque était minime dans "la plupart des régions du sud", où l'électorat est acquis à la cause du Hezbollah et de ses alliés,
contrairement à des régions où la bataille électorale sera serrée, comme Saïda, la plus grande ville du sud, Zahlé, la plus grande ville de la Békaa (est) ou la région du Metn (nord-est de Beyrouth)
M. Baroud a toutefois insisté que "le contexte politique (était) plutôt rassurant qu'alarmant" et que seuls "des incidents mineurs ont eu lieu jusqu'à
présent".
"Bien sûr, j'ai une certaine angoisse et il faut être vigilant", a-t-il ajouté. "Cela dépend des forces politiques et de Monsieur et de Madame tout le monde de refuser tout recours à la violence", a indiqué le ministre.
En mai 2008, des affrontements entre les deux camps politiques rivaux ont fait une centaine de morts, faisant craindre une nouvelle guerre civile, avant la signature d'un accord interlibanais à Doha qui avait permis la formation d'un gouvernement d'union nationale.
Le ministre de l'Intérieur a par ailleurs indiqué que "le paysage électoral cette année sera totalement différent des précédentes échéances" au niveau de l'organisation du scrutin.
"Nous avons pris des mesures de lutte contre les fraudes électorales conformément aux normes internationales, les urnes transparentes seront utilisées pour la première fois, ainsi que l'encre (indélébile) pour éviter qu'une personne vote deux fois", a-t-il précisé.
Plus de 200 observateurs étrangers, notamment ceux de l'Union européenne, de la Ligue arabe et du centre de l'ancien
président américain Jimmy Carter, seront sur place pour surveiller le vote.
L'Union européenne a alloué 4,5 millions d'euros pour cette mission d'observation.