Le général Aoun: la tutelle syrienne est remplacée par l'américaine, preuve en est la distribution des portefeuilles de sécurité et du trésor public
Lors d'un programme spécial à la télévision ''OTV'' à l'occasion du 20ème anniversaire de l'accord de Taëf, le général Michel Aoun, chef du groupe parlementaire ''Changement et Reformes'' et qui était à l'époque premier ministre, affirme qu'il ne regrette pas tout ce qu'il a fait.
Aoun ajoute qu'il n'avait que deux choix, soit l'accepter, soit le refuser et il a
préféré rejeter un accord
préjudiciable au Liban.
Et à ceux qui
prétendent que cet accord était nécessaire pour arrêter la guerre, Aoun répond : ''Ceux qui ont signé cet accord le trouvaient nécessaire mais eux ne combattaient pas et ne l'ont pas payé de leur sang''.
Aoun rappelle qu'ils lui avaient proposé la
présidence de la république en contrepartie de son approbation, mais il l'a refusé parce qu'il voulait et veut toujours sauver la république.
En ce qui concerne la guerre de libération, Aoun confirme que c'était une résistance pour défendre la légitimité du Liban, tout en soulignant qu'il a perdu la guerre mais n'a pas fait de concessions au niveau de la souveraineté du Liban comme il n'a pas renoncer à son droit de défendre la patrie.
Selon le général Aoun, depuis Taëf et jusqu'en 2005, le
président de la république était nommé à la suite d'une entente américano-syrienne et le parlement ratifiait simplement cette nomination.
Aoun appelle tous les libanais à surmonter les résultats des événements du passé mais il faut tirer une leçon des erreurs plutôt que de défendre des actions erronées.
Selon Aoun, l'alternative à l'accord de Taëf était un accord qui ne soumet pas le Liban à la tutelle syro saoudienne qui se partageait les pouvoirs, la Syrie gérait la sécurité et l'Arabie Saoudite dominait le secteur économique. Mais depuis 2005, la tutelle syrienne est remplacée par la tutelle américaine, preuve en est la répartition des portefeuilles de sécurité et des finances.
Aoun souligne qu'il essaye de rétablir la souveraineté et l'équilibre du pouvoir.
En conclusion, Aoun affirme que
préserver l'indépendance est plus difficile que d'y accéder. Aoun déplore le fait que les libanais s'attachent au slogan de la souveraineté, l'indépendance et la liberté, alors que le gouvernement se forme à l'extérieur du pays.
Aoun ajoute qu'il respecte toutes les amitiés avec les autres pays, mais il ne leur permet pas de s'ingérer dans les affaires internes. Cette ingérence n'est possible que si des parties internes la favorisent.
elnashra.com