Tjs intéressant comme sujet Nation et je suis ravi que ce genre de débat ait lieu!!
D'abord je respecte ts les avis et vos reflexions st toutes justifiées (à mon avis). Mais je suis obligé de faire référence à l'histoire.Pour cela, il faut dissocier ce qui fait partie des sentiments (de rejet ou d'adhésion) envers l'identité arabe et ce qui relève d'une réalité culturelle et politique très complexe.
On ne peut pas séparer l'identité arabe de la politique ou de tout autre élément qui façonne l'histoire des peuples.
Il faut revenir sur la définition de "Nation" et je ne m'adresse pas uniquement au pseudo (que je salue !!!!). La nation et le nationalisme qui en découle est née au 19ème siècle en Europe. Les Arabes s'en inspirent pour se démarquer des Ottanmans et réclamer plus d'autonomie et ensuite ils s'en servent contre les Européens
pr réclamer leur indépendance "artificielle" puisque la plupart des Etats "arabes" ont été fondées par ces mêmes Européens.
Donc c'est ainsi que la définition de l'arabité se rattache à une langue qui renaît avec la "Nahda" (fin 19ème - début 20ème s). Le nationalisme arabe va s'inspirer des modèles allemands et italiens qui viennent de fonder leurs Etats ds la 2ème moitié du 19ème siècle.
Donc ceux qui parlent arabe forment une nation; cette nation doit être indépendante et unie. Une fois ces convictions culturelles et historiques sont formulées, elles vont acquérir une force politique.
Mais cette forme de nationalisme n'apparaît pas en premier. Au Moyen - Orient il existe trois formes de nationalisme qui s'entremêlent:
1- D'abord, d'un pt d vue chronologique, le nationalisme "religieux": il affirme que ts ceux qui appartiennent à la même religion doivent former une seule communauté politique. En un sens cette idée a été le fondement de la pensée politique de cette région depuis que l'empire romain a adopté le christianisme et que la foi religieuse personnelle ou héritée est devenue le critère essentielle
pr définir un individu. Mais elle est nlle et constitue une forme du nationalisme moderne. La communauté musulmane telle que la conçoivent les penseurs panislamiques est cimentée par un héritage commun, non seulement d'une doctrine religieuse ou d'une sagesse mais d'une culture et des habitudes et des conduites qu'elle induit. Les liens entre les membres de communauté st affectifs et temporels (culture, mémoire des réalisations communes, intérêts séculiers...)
2 - Le second type de nationalisme est le plus fréquent ds les pays d'Europe de l'ouest: le patriotisme territorial. C'est un sentiment de communauté avec ts ceux qui partagent une même portion de terre.. C'est le cas de l'Egypte et du Liban. C'est alors qu'on évoque les souvenirs des pharaons et des Phéniciens. Et c'est ce qui se passe auj avec le rejet de l'arabité. je m'explique: On aime bien évoquer les souvenirs du pays et de ses habitants ds les tps très anciens. Pourquoi? pour 2 raisons:
- Parce qu'affirmer l'identité avec un passé très reculé est une manière d'échapper à un passé plus récent, et parce que ce dernier a consisté en l'absorption ds de gdes unités supra-nationales (califat musulman, empire ottoman...)
3 - Le troisième type est le plus fort et il est ethnique ou linguistique. Il se fonde sur l'idée que ts ceux qui parlent la même langue constituent une nation unique et doivent former une unité politique indépendante. Mais cette idée n'existe pas à l'état pur: l'idée arabe se mêle à d'autres et elle est liée à celle de la communauté islamique. ainsi même
pr des nationalistes arabes chrétiens, le nationalisme implique une certaine adhésion morale à l'islam, en tant que civilisation sinon en tant que religion;
C'est ainsi qu'après l'avènement de l'Islam, et quand l'Islam et la langue arabe se répandirent bien au-delà de la péninsule, d'autres tribus vont être incluses ds cette gde "famille" arabe même des chrétiens (comme la tribu des Ghassan). Le Coran est en arabe, le prophète est arabe, il a
prêché d'abord aux Arabes. L'arabe est devenu et est resté la langue de la dévotion, de la théologie et de la loi.
Alors ce n'est pas un hasard si les fondateurs du Grand Liban ont longtemps hésité à mentionner le Liban comme un pays arabe; on a choisi le terme "visage arabe". Depuis 1920, les musulmans de Beyrouth et d'ailleurs avaient très clairement fait savoir que le Grand - Liban en tant qu'entité nationale séparée et distincte de la Syrie arabe n'avait aucun sens
pr eux et était à long terme inacceptable. L'histoire du Liban telle qu'ils la voyaient faisait partie de l'histoire de la Syrie et en fin de compte de l'histoire arabe en général.
Les exemples ce n'est pas ce qui manque!!! Vous n'avez qu'à lire les livres d'histoire et les débats qui tournent autour. Pour la plupart des musulmans, le "fath el islami" est considéré comme une "libération" ds le sillage de la révélation reçu de Dieu par Mahomet. Alors que les Chrétiens considérent ce "Fath" une conquête au même titre que les conquêtes
précédentes (romaines, byzantines...) Résultat il n'y a tjs pas d'accord sur un manuel et un programme scolaire unifié en histoire (au Liban bien sûr!!!)
Un autre exemple: Fakhr - al Din Maan considéré par les uns comme un héros national libanais et le fondateur d'un Etat libanais, et par les autres comme un héros national arabe qui avait osé à son époque s'opposer à la tyrannie étrangère des Turcs ottomans.