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Qwiw
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L'Orient le Jour est en forme et continue sa campagne anti-CPL! Ils ont cette faculté de mise en scène mensongère hors du commun. C'est comme ça depuis 3 ans et ce n'est pas prêt de s'arrêter hélas.

Aujourd'hui, on a eu droit à 3 articles de propagande...


En dents de scie
Le petit chat est mort

L'Orient le Jour
22-11-2008
L'article de Ziyad Makhoul

Quarante-septième semaine de 2008.
Y aura-t-il de la neige à Noël ? Y aura-t-il un bloc centriste au Parlement au prochain printemps ?
C’est une drôle d’histoire. Une histoire drôle. Une fable – peut-être… Avec une morale : tout le monde ne réussit pas, loin de là, le/son passage des galons à la cravate.
Ils sont deux : il y a l’un et l’autre.
Pour l’un, la cravate s’impose de plus en plus comme un habit presque naturel, la mutation se fait en douceur : aussi martialement soit-il noué, le nœud reste fluide, il y a une évidente volonté de se couler dans le bain de la nouvelle fonction sans faire de vagues. Pour l’autre, cette cravate reste(ra) comme l’accessoire ultime d’un travestissement, elle est devenue ce signe extérieur de crédibilité, de légitimité, cette tentative frénétique de se gaulliser : là, l’espace-temps est un carnaval perpétuel.
L’un entame sa carrière civile. L’autre a de très longues années derrière lui – sachant qu’avant, dans presque une autre vie, tous deux ont commandé une troupe, avec les succès (absence de sang pendant la révolution du Cèdre, Nahr el-Bared…) et les échecs (guerres : interchrétienne et avec la Syrie) que l’on connaît.
L’un veut maîtriser le temps. L’autre veut le remonter.
L’un veut fédérer autour d’une même table ; placer tout le monde sous le même toit, la même loi. L’autre semble tout faire pour installer d’irréversibles clivages ; conserver pour une seule faction de bien trop miliciens privilèges.
L’un (se) pose confiant. L’autre revanchard.
L’un montre que la vision et la conception qu’il se fait du Liban se placent dans l’ouverture sur les mondes : il y a une détermination à replacer ce pays dans l’universel, au cœur des nations, toutes les nations. L’autre pas : les angles sont obtus, fermés ; les perspectives réduites, comme les alliances, et l’échelle de valeurs inversée.
En fait, l’un aurait tellement voulu être à la place de l’autre. Qui sait : peut-être qu’à cette place, il aurait fait mieux… Mais là n’est pas la question. Il n’y est pas, à cette place – il n’y sera probablement jamais, alors, il fait tout le contraire.
Ils s’appellent tous les deux Michel.
Et il est facile, trop facile désormais, de les opposer, de les comparer, surtout que l’écueil d’un manichéisme hyperréducteur est aussi gros que l’iceberg du Titanic – tellement facile que cela, finalement, n’a plus rien d’amusant ni d’intéressant. Justement à cause de cet attachement incroyablement méticuleux et quasi obsessionnel de Michel Aoun à faire tout ce que Michel Sleiman fait. Mais en prenant l’exact contre-pied du chef de l’État. Et ça, ce n’est vraiment pas malin.
Parce que, et quoi que l’on pense du locataire de Baabda, ce dernier n’a toujours pas fait le moindre faux pas. Et ce n’est certainement pas en annonçant clairement la couleur, en ce démarrage discret mais tellement dense d’une campagne électorale d’ores et déjà historique, qu’il risque de trébucher : Michel Sleiman appelle de ses vœux un bloc centriste, un bloc présidentiel, censé à ses yeux pleinement contribuer à l’aider à assurer encore mieux ce pour quoi il a été élu, ce pour quoi il est payé : être l’arbitre. Et cette annonce, rien que cette annonce, suffit pour donner les pires urticaires et autres cauchemars du monde aux caciques du CPL – Michel Aoun en tête.
Sans doute que l’alliance du 14 Mars y voit là, elle aussi, quelques raisons de s’inquiéter, de craindre quelques débauchages actifs au sein de ses rangs. Sauf que ce 14 Mars-là est loin d’être toujours aussi sot qu’il veut bien le montrer : ils ont compris, vraiment compris, au sein de la majorité, que Michel Sleiman serait probablement leur meilleur allié – plus encore : leur possible statue du Commandeur. Parce que, sans en avoir encore la fougue et la lettre, sans en arborer encore fièrement les couleurs, le chef de l’État incarne jusqu’à preuve du contraire le parfait esprit du concept-14-Mars. Par cette foi en un Liban ouvert au monde et carrefour du monde, par son attachement viscéral au respect de la légalité internationale, par sa détermination pudique mais féroce à asseoir le pouvoir de l’État sur l’ensemble du territoire libanais, par sa douce mais inexorable fermeté/pugnacité lorsqu’il s’agit de la stratégie de défense ou de l’axe syro-iranien, Michel Sleiman n’est finalement rien d’autre que le pur produit, en plus soft, plus souple dans la forme (est-ce nécessairement moins bien ?...), de ce concept-14-Mars, un enfant du siècle.
Le chef de l’État, auquel l’on reproche (et l’on continuera assurément à le faire) beaucoup de choses, sait qui il est et ce qu’il veut et comment il œuvre pour – et il n’est définitivement pas du genre à en faire une annonce publique avec force roulements de tambours. Le chef de l’État ne fera pas de coming-out politique. Mais le chef de l’État, c’est chose acquise et c’est chose parfaite pour le Liban, a perdu sa virginité politique. Tout le monde le sait désormais – il n’y a que Michel Aoun qui refuse de le voir et de l’admettre.
L’hiver, on le sait, fatigue les yeux. Sans doute qu’au printemps, les rétines deviennent, de gré ou bien obligées, beaucoup plus performantes.












Priorités électorales : le programme global pour le 14 Mars, la reconduction des députés pour le 8 Mars



L'Orient le Jour
22-11-2008
L'éclairage de Philippe Abi-Akl

Les pôles du 14 Mars se concertent en coulisses pour fixer les critères de sélection des candidats du front aux prochaines législatives. La tendance la plus répandue restant qu’il vaudrait sans doute mieux confier à des personnalités régionales impartiales le soin de trancher entre de potentiels rivaux. Mais l’organigramme et la nomenclature restent considérés comme secondaires en regard de la nécessité de remporter le scrutin sur base d’un programme global clair. Pour que les Libanais sachent sur quel projet national ils doivent se prononcer. Ce qui est nettement plus important de savoir pour quelles personnalités individuelles ils vont voter.
Les cadres de ce camp soulignent que la lutte pour les constantes de la révolution du Cèdre, l’indépendance, la souveraineté, l’État de droit et les libertés démocratiques, aborde un tournant crucial. Et qu’elle se livre contre un projet opposant visant à vassaliser le pays au profit de l’axe syro-iranien.
Du côté de l’opposition, on indique que le principe de commodité passe en premier, et qu’il ne convient pas de s’encombrer de tensions ou de rivalités intestines. Par conséquent, ce sont les députés sortants qui vont se succéder à eux-mêmes. À quelques exceptions près, notamment dans ces régions chrétiennes qui sont pratiquement les seules où une bataille est prévue. Sur le plan global, on rend au 14 Mars la monnaie de sa pièce, en l’accusant de servir les desseins du grand méchant loup américain.
Un détail d’actualité : des sources loyalistes indiquent que la présélection des candidats s’avère ardue. Car trop d’appétences personnelles se manifestent et il y a pléthore de postulants. Cela malgré la discrète mise en garde exprimée lors des dernières assises générales du 14 Mars à l’adresse des ambitieux, qui se tirent régulièrement dans les pattes. À ce propos, un ancien député qui compte se représenter appelle les parties intéressées à se soucier uniquement de servir le programme politique global. En laissant de côté les quotas de partis et, à plus forte raison, les considérations personnelles. Comme cela s’est fait pour les élections corporatives, où le 14 Mars a remporté la palme en appuyant parfois des indépendants, pour mieux barrer la voie au vis-à-vis.
Toujours est-il que le 14 Mars devrait annoncer ses listes en février. Et le 8 Mars seulement ensuite. Pourquoi ? Parce que, répond un député opposant, les divisions des loyalistes pourraient les conduire à des choix affaiblis, qu’il faudrait savoir exploiter en remaniant çà ou là certaines formations.
Les sources opposantes nient qu’il y ait conflit entre le CPL et Amal par rapport aux sièges chrétiens de Jezzine et de Zahrani (est de Saïda) ou du siège chiite à Jbeil, comme l’affirment les loyalistes. Elles assurent que l’alliance tient bon et que les différends, minimes selon leurs dires, seraient réglés lors d’une réunion générale ultérieure.
Cependant, faisant écho aux remarques des loyalistes, des agglomérations chrétiennes du Sud multiplient les critiques à l’adresse du Hezbollah et du CPL. En leur reprochant de négliger totalement leurs revendications sociales et économiques par suite des préjudices subis lors de la guerre de juillet 2006. Alors que la composante chiite de la région bénéficie d’un large soutien iranien ou autre, et de prestations locales avancées. Ces protestations ont été répercutées dernièrement par une télé européenne qui a consacré un documentaire à la situation des chrétiens au Liban.
Cela étant, beaucoup souhaitent, pour émousser les dangereuses tensions dues au clivage entre le 14 et le 8 Mars, qu’une force politique de paix et d’interposition émerge sur la scène parlementaire. À travers un bloc centriste consistant rassemblé autour de la présidence de la République et la soutenant dans son combat pour une nation unie, solidaire et cohérente.










(EK critique à souhaits la loi de 1960 mais ne s'est jamais étendu sur la loi 2000 carrément injuste. D'ailleurs, il oublie de mentionner ceux qui étaient opposés aux réformes électorales lors du vote de la 1960...)


L’avenir national à la merci d’un code électoral aussi défectueux qu’obsolète


L'Orient le Jour
22-11-2008
Le commentaire d’Émile Khoury

Loyalistes, prosyriens et indépendants en conviennent en chœur : les prochaines élections législatives décideront de l’identité, de l’entité, du régime politique comme de la ligne de ce petit pays, qui se trouve donc à un tournant crucial de son histoire. Un enjeu tout à fait vital d’édification nouvelle qui met en relief, par contraste, la vétusté et les failles d’une loi électorale quasi quinquagénaire. Et qui même en 1960 n’était déjà pas valable.
Un ancien parlementaire de haut rang, livrant une bataille d’arrière-garde sinon un baroud d’honneur, continue à plaider en faveur d’une dose de proportionnelle qui limiterait un peu les dégâts, en libérant le vote d’un électeur autrement soumis aux diktats de tel ou de tel chef de liste. Le partage des rôles, dans le cadre d’un scrutin majoritaire, produisant une Assemblée à forte rivalité confessionnelle, favorisant un discours démagogique extrémiste. Alors qu’un pays composite, pour vivre en paix, doit nécessairement suivre une ligne modérée, écartant tensions, conflits et dissensions internes.
L’ancien responsable regrette donc que la proportionnelle, qui était au cœur du projet réformateur de la commission Boutros, n’ait pas été adoptée. Mais il espère que cette grave lacune se trouve réparée, à travers un codicille que la Chambre a encore le temps de voter. Sans quoi, répète-t-il, la formule caduque de 1960 va produire un Parlement trop peu représentatif de la volonté du peuple souverain. Dans ce sens que l’extrémisme y serait dominant, la voix des modérés, des indépendants que seule la proportionnelle peut faire élire y restant étouffée. À moins que, par une sorte de miracle, une entente se fasse autour de listes de coalition groupant de vrais représentants de la population et non plus les parachutés des chefs de blocs.
La source citée redit qu’il est inique, dangereux et inadmissible que le Liban politique soit placé sur une trajectoire au mépris total de la libre volonté du peuple souverain. Dont ni les générations ni les composantes sociales actives ne seraient sainement représentées à l’Assemblée, matrice de tous les pouvoirs. Car la formule 1960 ne répond à aucun des impératifs nationaux d’équité, d’égalité et d’équilibre.
En marge de ces observations, une réalité : électoralement, les jeux semblent faits pour les composantes musulmanes du pays politique, à quelques détails près. Alors que la l’Éte reste ouverte sur la lice chrétienne. Ce qui porte des dignitaires religieux à souhaiter que le chef de l’État intervienne dans les meilleurs délais pour arranger une réconciliation interchrétienne. Ou, à tout le moins, pour arrondir les angles afin de permettre un gentleman’s agreement autour de listes de coalition permettant d’éviter la confrontation et ses conséquences négatives au niveau de la rue chrétienne.
Un effort qui favoriserait le projet présidentiel rassembleur, défendu devant les instances internationales, d’un Liban qui serait le siège, le laboratoire d’un dialogue permanent des religions, des civilisations et des cultures. Une belle réponse, faut-il le souligner, à la question : quel Liban voulons-nous ? Ce choix, induisant l’adoption d’une neutralité positive et du pacifisme interne, a été applaudi par les recours spirituels comme par le 14 Mars. Mais il se trouve peu apprécié par les engagés du front qui entretient une culture de confrontation et de violence.